Contes de coeur de Papiguy

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LA PETITE FILLE ET L'ETOILE

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Il était une fois une petite fille Nathalie. Elle était souvent seule le soir, en attendant que sa maman rentre du travail. Elle se mettait alors à la fenêtre et parlait à une étoile, toujours la même.

 

Un soir, elle décida de rejoindre son étoile, de se rapprocher d’elle. Elle mit son petit manteau gris et sortit dans le soir étoilé. Elle commença par marcher vers l’étoile, mais celle-ci marchait plus vite qu’elle. C’était un jeu qui la faisait beaucoup rire.

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Alors elle se mît à courir vers l’étoile, tendait les bras vers elle comme pour l’embrasser, se fondre dans elle.  Son cœur était joyeux et aussi bondissant que ses petites jambes qui sautaient par-dessus les buissons. Elle courrait, courrait, derrière son étoile. À chaque bond, elle espérait toucher son étoile chérie. Mais quand ses pieds retouchaient le sol, elle voyait l’étoile s’éloigner. Pas question d’abandonner.

 

Elle se mit à courir, courir, elle avait l’impression d’avoir des ailes au bout des pieds. Elle fixait son étoile avec passion.  Enivrée, elle s’envolait carrément.

 

 

Essoufflée par cette course sans fin, elle s’arrêta, pliée en deux,  en se tenant les côtes. Il faisait très noir maintenant. Elle ne voyait presque pas le bout de ses chaussures. Tout en reprenant son souffle, elle entendit des bruits inquiétants qui la firent sursauter. Elle regarda autour d’elle : elle était entourée de grands arbres.

 

 Elle était perdue. Son corps se raidit de peur. Elle alla se recroqueviller au pied d’un grand arbre. La peur nouait son ventre. Il faisait sombre. Pas un bruit. Des branches qui craquent comme si quelqu’un marchait à côté. Un loup ? Une ombre qui la surveille ? Non. Rien. Et elle se mit à avoir froid. Très froid. Elle serrait son petit manteau gris contre elle.

 

Mais le froid gagnait son corps. Elle grelottait de tout son être maintenant. « Je suis si petite ! Je ne sais pas quoi faire ! S’il vous plaît étoile aidez-moi ! Oh mon dieu, si tu existes, aide-moi ! Je suis si petite ! »

 

Elle entend de nouveau des branches qui craquent, des bruits de pas. Les ombres qui reviennent ! Elle entend les feuillent bruisser de façon continue comme quelqu’un qui les touche en marchant. « Un loup ! Ce coup-ci c’est un loup à tous les coups ! ». Elle se mit à pleurer en pensant à sa maison si loin. Entre deux larmes essuyées d’un revers de manche, elle aperçut une silhouette qui se faufilait entre les arbres.

 

La petite Nathalie se releva et courut, courut éperdument dans le noir de la forêt. Soudain elle ressenti une violente douleur dans sa cheville et tomba dans les feuilles. Elle a mal et elle a plus peur encore.

 

Elle se relève et courre en boitillant. Le souffle lui manque.  Sa poitrine lui fait mal. Elle courre, elle courre. Elle traverse une clairière et revoit son étoile dans le ciel comme toute proche d’elle. Peut-être si elle tendait la main vers elle, son étoile pourrait la prendre et la tirer d’affaire.

 

 Mais non, elle ne peut pas s’arrêter maintenant. Il faut fuir, ne pas être rattrapée ! elle prend le premier sentier venu. Sa cheville lui fait de plus en plus mal. Sa poitrine en feu explose. Elle suffoque et s’affale par terre et se met à pleurer.  « Tant pis si c’est un monstre, un loup, j’en peux plus ! qu’il me mange maintenant. Je n’en peux plus. »

 

Elle entend la présence se rapprocher d’un pas tranquille. Terrorisée, elle retient son souffle. Peut-être la chose ne la verra pas et continuera son chemin ? Ses yeux se sont habitués à la nuit maintenant. Elle se rend compte que même si on n’y voie pas beaucoup, la lune est trop brillante pour que l’on ne la voie pas.

Une silhouette massive, grande apparaît, plus grande qu’un loup… un monstre ? Elle l’entend haleter, oui ! On dirait un chien ! Elle aperçoit clairement maintenant la silhouette d’un grand chien comme les chiens de montagne avec un sourire sur la gueule, et un air gentil.

 

Il s’approche d’elle et vient lui lécher les mains. Ses yeux sont doux et parlent presque. C’est étrange, elle a l’impression de le comprendre. Le chien a un pelage bleu nuit, presque noir avec des reflets argentés et doux comme du duvet.

Le chien fait signe à Nathalie de le suivre. Avec ses bons yeux, il semble lui dire : «  Je sais que tu es fatiguée, petite fille. Grimpe sur mon dos, je vais te porter jusqu’à un abri  où tu pourras te reposer. »

La petite fille, rassurée, grimpe sur son dos brillant  et s’accroche à ses grandes oreilles douces et bleues comme des plumes.

Le chien court, court, court. La petite fille se serre fort contre son gardien chien.

 

Enfin, ils arrivent à une caverne. Le chien ralentit,  s’accroupit doucement pour que la petite fille descende de son dos. Et lui fait signe d’attendre devant l’entrée de la grotte. Elle a froid. C’est long.

Alors elle voit des lueurs danser sur les parois de la grotte et entend des crépitements : un feu !

 Le chien  vient la chercher et l’invite à se reposer près du feu...

 

Elle lui demande, un peu inquiète : « Tu peux me ramener à ma maison ? »

Il lui répond : « Oui, tout à l’heure. Réchauffes-toi et Reposons nous un peu avant. »

Elle s’allonge sur le sol, près du feu, regarde le chien bleu, voit des étoiles briller dans ses yeux, et  s’endort d’un sommeil profond.

 

Au lever du jour, ils repartent.  Nathalie monte sur le dos du grand chien bleu. Et les voilà chevauchant la brume fumante du petit matin. La fraîcheur et l’odeur de la terre humide vient chatouiller le nez et piquer les yeux !

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« Mais comment connaît-il la route de chez moi ? se demande la petite fille ? »

Le chien bleu pose Nathalie délicatement devant sa maison et lui dit :

« Si tu veux suivre l’étoile encore, suis-la des yeux par la fenêtre de ta chambre. Elle sera toujours près de toi.  Tu n’as pas besoin d’aller si loin dans la forêt. Les enfants ont les étoiles comme amies, elles veillent sur  eux... Quand tu grandiras, tu apprendras  comment retrouver l’étoile tout le temps et comment guider ta vie grâce à elle. C’est simple ! Plonge alors ton regard dans ton cœur ; au début cela va ressembler à la forêt que tu as traversé hier soir. Même s’il y fait noir, rappelle-toi de l’étoile, de cette lumière. Cette étoile et sa lumière  est toujours dans ton cœur… Au revoir petite ! » Et il disparut dans la brume du petit matin.

 

A partir de ce moment là, quand la petite fille allait se coucher, elle n’oubliait jamais d’aller regarder le ciel par la fenêtre.

 

Quand, plus grande, elle se sent perdue dans sa vie, elle se rappelle des yeux de son ami le grand chien bleu et de ses paroles. Elle s’arrête alors, se calme, et s’assoit dans un endroit tranquille. Elle plonge son regard à l’intérieur de son cœur pour trouver le chemin lumineux que lui indique son étoile.

Et voilà, l’histoire est finie. Ou non, pas tout à fait. Car la petite fille a grandi et n’a jamais oublié la leçon de son ami le chien. Elle n’a jamais oublié de plonger son regard à l’intérieur de son cœur pour retrouver son étoile. Ses enfants firent de même et son fils Antoine devint aviateur et rencontra, dans le désert, un petit prince qui vivait sur une étoile….. et tous les enfants du monde eurent des étoiles plein les yeux en lisant son histoire…

Mon conte est terminé ! Que Noël soient en nos cœurs !

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06/03/2016
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