Contes de coeur de Papiguy

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LES PETITES HISTOIRES DES TROIS FRERES CANFIELD 1 : LES FILLES DU COEUR DE MARIE

C’était le jour de marché à Marvejols, cette petite ville du pays de Lozère, en France. Un vieux paysan, descendu des montagnes, me raconta une histoire qui se passait, il y a bien longtemps, vers 1950, dans un tout petit village situé sur le plateau des Margerides, appelé Serverette.

C’est l’histoire de trois frères au destin peu commun que je vais essayer de vous raconter. Trois petits garçons : Polo avait 8 ans, Jack 10ans et Dany, 12 ans. Leur père, américain, était tombé en amour d’Huguette. Et ils s’étaient mariés. Les Canfield eurent un très grave accident de voiture. Leurs parents,  n’avaient pas survécu. Les trois orphelins s'en étaient sortis et avaient été recueillis par une petite congrégation de sœurs catholiques "les filles du cœur de Marie". Les sœurs animaient une petite école et accueillaient des orphelins et des enfants abandonnés.

Ces sœurs vivaient très pauvrement. Elles avaient très peu de moyens. La vie quotidienne était simple et frugale. Il n’y avait pas beaucoup à manger, mais elles arrivaient toujours à faire que chaque enfant puisse manger un bol de soupe de légumes, et du pain noir. L'ambiance de la maison était joyeuse et chaleureuse. Les sœurs riaient beaucoup, et transmettaient leur joie de vivre aux enfants. Il faisait  bon vivre avec les filles du cœur de Marie. Les trois frères finirent par se plaire en ce lieu de pleine nature, dans ce petit village.


 

Si l’ambiance était joyeuse, les moyens des sœurs étaient limités. Elles ne pouvaient pas garder les enfants après l’âge de douze ans. Elles ne pouvaient plus les nourrir et surtout ne pouvaient pas s’occuper de les mener à l’école. Le collège le plus proche était trop loin.

Aussi, quand Dany eût douze ans, sœur Marie madeleine, la mère supérieure, réunit les trois frères pour leur annoncer qu’elle ne pouvait plus garder Dany à l’école. Elle avait trouvé une place pour lui dans une école de frères Dominicains à Montpellier.


 

LE RÊVE DES TROIS FRÈRES

Polo, le plus jeune, se jeta dans les bras de son grand frère Dany en pleurant à chaude larmes.
Après quelques câlins, et de doux mots de consolation, sœur Marie Madeleine reprît la parole « Je sais à quel point c’est dur pour vous mes enfants. Que la volonté de Dieu soit exaucée et que le meilleur vous arrive ».Votre frère devra partir dans trois jours. Je vous propose que nous nous retrouvions demain ici pour faire le point. »

Ils se retrouvent tous les quatre, le lendemain, à la même heure, au même lieu, et Marie Madeleine leur dit : « Pour vous soutenir dans cette nouvelle épreuve, je me suis dit que ce serait intéressant pour vous, de partager vos rêves pour le futur. De quoi rêvez-vous le plus ? Voulez-vous bien y réfléchir et le partager entre vous ? Ce sera, en quelque sorte, notre secret. »

 

 

 

Polo soupira : "Oh moi, je fais toujours le même rêve. Je voudrais avoir un compagnon chien qui me suit partout et qui me comprendrait » .

 

 

Je rêve de courir avec lui dans la lande.

Jack balbutia à son tour: "Je rêve que…ma pa..que ma pa…parole coule de ma go..gorge comme l’eau de la ri..rivière".

Danny hésita longtemps puis déclara : "je voudrais voyager, voir le monde, voler dans le vent, et trouver le cœur de Marie comme vous ma Sœur.

Marie-Madeleine : « Mon rêve à moi est de vous voir devenir des hommes bons et forts, capables d’aimer et de rendre service autour de vous."

 Le jour du départ arrivât. Les deux frères avaient le nez dans leur chaussure pour ne pas regarder leur grand frère partir.

Marie Madeleine leur proposa de se retrouver à la congrégation, dans six ans. Ils fêteraient les dix-huit ans de Dany. Comme cela, si jamais ils se perdaient de vue durant les années à venir, ils auraient un point de repères fixe.

Elle offrit à Dany un grand paquet encombrant.

« Attention ! C’est fragile » s’exclama-t-elle, « Danny, je ne sais pas comment l’on fait pour voler.

Mais pour voler dans le vent, j’ai trouvé ce cerf-volant dans le grenier du vieux presbytère. Il est fait de branches et de papier kraft avec des dessins que je n’ai pas vraiment compris.

 

Mais ce qui est incroyable, c’est que lorsque j’ai enlevé la poussière qui le recouvrait, il avait l’air neuf. J’avais même l’impression qu’il me souriait et qu’il t’attendait. Alors, voilà, il est pour toi.

Vas, mon fils et que le Seigneur te gardes en sa protection".

 

Dany s’engouffra dans une vieille traction Citroën.

 

 

 

Les deux frères restèrent longtemps à regarder la vieille auto s'éloigner et fondre dans l'horizon. La clarté du jour devint faible comme lorsqu’on éteint la lampe à pétrole, le soir. Les pétarades de la voiture, au loin, déchiraient le silence pesant des montagnes attristées.

 

C'est tristement que se termine ce premier épisode des petites histoires des trois frères Canfield.

 

Papiguy

 

Texte : Papiguy
illustrations : Juliette allé



17/04/2017
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