Contes de coeur de Papiguy

Contes de coeur de Papiguy

LESLIE A PEUR DU NOIR

 

C’est Lundi soir. Le soleil rougit l’horizon de ses flammes nostalgiques avant de tirer le rideau de la nuit qui enveloppe la maison.  

Le noir a chassé le jaune d’or  du soleil !

« Maman, j’ai peur ! » Leslie attrape la main de maman.

Vite ! Allumons toutes les lampes ! Des cercles de lumières éclairent la chambre et rassurent Leslie.  Des ombres dansent gaiement au plafond. Ses petits yeux se ferment. La main de Maman dans la sienne.

Au cinéma de ses rêves, elle retrouve les ombres qui dansent frénétiquement une sarabande grimaçante et lui chantonnent : « voilà le loup ! Ouh ! Voilà le loup ! »

Les yeux rouges d’un loup géant s’approchent d’elle.

 « Maman j’ai peur ! » s’écria Leslie en se redressant sur son lit.

 Maman emmène Leslie dans le jardin, sur la balancelle.

La lune aux reflets d’argent vient caresser les cheveux de la petite fille. Elle regarde cette lune toute pleine et s’écrie : « Comme tu es pâle ! Tu es toute ronde aujourd’hui : tu n’as pas l’air d’être malade ! Dis ! Madame la lune, tu resterais avec moi cette nuit ? »

La lune brilla plus fort encore comme pour dire oui et la petite alla se coucher : la lune éclairait toute la chambre. Et demain matin, le soleil la remplacera. Alors elle se rendormit paisiblement.

C’est mardi soir, la lune n’était plus aussi éclairante. Les ombres sur le plafond plus menaçantes, lui chantonnaient :

Un gros monstre baveux,

caché dans le placard,

viens manger tes orteils

si jamais tu t'endors.

 

« Maman, maman, j’ai peur : il y a un monstre dans le placard ! »

Maman arrive, s’assoie sur le lit de la petite fille apeurée, et lui dit :

-        il y a un monstre dans le placard. Est-ce bien vrai ?

-        Ben oui c’est vrai ! sinon je n’aurais pas peur comme cela !

Son poupon qui écoutait lui dit à son tour : « Leslie, peux-tu être absolument certaine qu’il y a un monstre dans le placard ?

-        Ben oui, je crois, pourquoi tu m’embrouilles comme cela ?

Nounours rajouta : « comment te sens-tu quand tu penses qu’il y a un monstre dans le placard ? 

-        Ben, je tremble de tout mon corps, je suis terrifiée, affolée, transie,  malheureuse, sans défenses. Cela ne va pas bien du tout !

-        Bon ! bon repris Maman : « comment te sentirais-tu si on enlève la pensée qu’il y a un monstre dans le placard ? »

-        Heuh ! je serais tranquille. Je me sentirais bien dans ma chambre chérie avec mon nounours et mon poupon.

-        « et moi, tu m’as oublié ! s’écria la girafe en peluche. Ainsi tu crois qu’il y a un monstre dans le placard ! qu’est-ce qui arriverait de vraiment super si c’était vrai ? Et si c’était une bonne chose, le monstre dans le placard, peux-tu me donner trois raisons pour lesquelles c’est une bonne chose ?

-        C’est compliqué ton histoire, pour une petite fille comme moi ! je n’avais pas pensé à cela. heuh! Je vais réfléchir !

La petite fille croisa les bras, fronça les sourcils et réfléchit très fort.

-        Eh bien, si le monstre est dans le placard, au moins je sais où il est et je peux fermer la porte du placard à clé !

-        Oui super !

-        Peut-être qu’il est en prison dans le placard, le monstre et qu’il est malheureux ?

-        Ok !

-        Peut-être il a peur et je peux le rassurer en lui faisant un câlin !

-        Oh je me sens mieux dit la petite fille qui se recouche et se rendort tranquillement

C’est mercredi soir. Leslie se couche sereine. Elle ferme les yeux. Elle n’a plus peur du noir. Elle n’a plus peur du monstre dans le placard… enfin… un peu, quand même... Elle veut bien qu’il se couche auprès d’elle, mais elle ne sait jamais s’il ne va pas faire un drôle de geste, lui manger un bout d’oreille, le bout du nez, ou la pousser par terre !

Maman a éteint la lumière. Il fait sombre quand même ! Tout d’un coup, elle se rappelle des paroles de son papa à des invités : « il y a toujours de la lumière dans nos cœurs. Si nous tournons notre regard à l’intérieur, dans notre cœur, alors la lumière divine emplit notre maison de joie et de tranquillité. Avec elle nous sommes en sécurité partout ! »

-        « C’est mieux que la lune » se dit-elle.

Elle s’imagine baignée de la lumière divine. Et elle sent de la légèreté partout dans la pièce.

Et le monstre qui ronfle à ses coté et qui prend tant de place ! Oh, la lumière est dans son cœur aussi !

Heureuse et rassurée, elle s’endort. Et le rêve l’emporte loin, en moto, sur les routes, vers le soleil.

Papiguy

 

 



27/05/2017
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