Contes de coeur de Papiguy

Contes de coeur de Papiguy

MANA, L'ELEPHANT AU COEUR D'OR

elephant-afrique.jpg

 

 

Mana, l’éléphant au cœur d’or

 

 

 

Jadis, vivait, dans la forêt himalayenne, un éléphant blanc aux longues et magnifiques défenses qu’on appelait Mana. Il était descendant d’une lignée d’éléphants blancs, venus des forêts de Hui-Sai au royaume de Siam, qui avaient appris le langage des humains.
Aucune circonstance, si désagréable fût-elle, n’avait pu entamer sa bienveillance et la bonté de son coeur. Il était un exemple de générosité et de sagesse pour tous les animaux alentours. Toute créature qui le rencontrait était touchée par l’amour et la simplicité qui rayonnaient de lui, et se mettait à l’aimer et à le respecter à leur tour. Souvent les animaux, à travers leurs chants, leurs cris, parlaient de Lui et de son incroyable compassion. Lui ne disait rien.

 

En quête en des pays lointains.

Plus jeune, le grand éléphant blanc était parti en quête en des pays lointains.

Lors de son périple, il rencontra deux hommes remarquables qui le marquèrent particulièrement, Tierno et Hatim.

Tierno, remarquable pour sa gesse, lui avait dit : « La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis. ». Grâce à l’enseignement de Tierno, il comprit que, toujours, le mal engendre le mal, et il décida de se conduire toujours bien avec toutes les créatures vivantes et de bénir intérieurement chaque créature rencontrée.

Dans les déserts de Syrie, il avait rencontré Hatim, un jeune prince de la tribu des Taï, remarquable par sa générosité. Hatim se plaisait à dire : « La générosité est l’arbre du paradis ».

 

Chef de tous les troupeaux d’éléphants de l’Himalaya.

Lorsque Mana, l’éléphant blanc revint de son périple, il devint chef de tous les troupeaux d’éléphants de l’Himalaya. Dans cette multitude régnaient la méchanceté, la haine. Il apaisa les conflits autant qu’il le pût par la douceur de ses paroles et la tendresse de son cœur.

 

Puis, son temps de chef passé… un jour

Il s’était retiré et menait une vie solitaire à réfléchir, méditer, prier. Tous les animaux le respectaient et l’aimaient. Il accueillait, conseillait et aidait quiconque avait besoin de lui. On l’appelait « le bon roi des éléphants ».

 

Un jour, dans la grande forêt himalayenne, les animaux entendirent un homme qui cherchait son chemin au milieu d’arbustes et de buissons touffus. Son pas était hésitant. Les ronces et les plantes grimpantes lui barraient le chemin, mais il s’entêtait à avancer dans ces enchevêtrements inextricables de végétation, affolé et perdu. Poussé par la peur, il se mit à courir au hasard. A force de tourner en rond, il s’épuisa. Les vêtements arrachés, le corps sanguinolent, il se tordait les mains de désespoir . Il poussa alors de pitoyables gémissements : « Au secours, à l’aide ! »; Personne ne répondit. Pas d’hommes aux alentours.


L’éléphant blanc entendit les craquements de branches et les gémissements désespérés d’un homme. Il se dirigea vers les cris et vit l’homme empêtré dans les ronces. Il s’approcha et tendit sa trompe vers l’homme. Celui-ci, effrayé, recula. L’éléphant s’arrêta. Voyant cela, l’homme s’arrêta aussi. L’éléphant s’approcha un peu plus. L’homme recula de nouveau. L’éléphant s’approcha plus doucement.
L’homme pensa : « Cet éléphant blanc s’arrête chaque fois que je me sauve, peut être ne me veut-il pas de mal ? » Il resta immobile. Mana au grand coeur s’approcha et lui demanda :
– Pourquoi cries-tu et te plains-tu ainsi, ô homme ?
– Je me suis égaré dans cette forêt, et j’ai peur d’y périr! répondit l’homme.
– Cesse d’avoir peur », lui répondit doucement Mana. Je vais te remettre sur la route de Gorakhpur et tu retrouveras les tiens.

Il entoura l’homme de sa trompe avec de grandes précautions, le déposa sur son échine, et se mit en marche pour le sortir de la forêt. L’homme rassuré, accepta l’aide de Mana.
Et en chemin, il se dit : « En voilà une belle histoire à raconter à mes amis ! »; Il observa les alentours avec grande attention. Il voulait se souvenir de tous les accidents du terrain : les montagnes, les collines, les marécages, les cours d’eau, les gros arbres. Quand ils atteignirent la grand-route, l’éléphant déposa l’homme à terre et lui dit :
– Te voilà sur ta route, ô homme, elle te mènera directement à Gorakhpur. Va en paix ! Je ne te demande qu’une chose : ne raconte à personne ce qui t’est arrivé et l’aide que je t’ai apportée, quelles que soient les questions que l’on te posera.

 

L’homme était avide ..

L’homme remercia l’éléphant et partit pour Gorakhpur, tout guilleret. Mais il était avide et cupide. Ses pensées étaient tournées vers ces belles défenses que possédait l’éléphant si gentil. Pas plus tôt arrivé, qu’il reprit la route jusqu’à Varanasi et se précipita chez les artisans qui fabriquaient des objets en ivoire d’éléphant et leur demanda:
– Combien, maîtres, me donneriez-vous des défenses d’un éléphant vivant?
– Tu le demandes ! s’écria le plus ancien. Les défenses d’éléphant vivant valent beaucoup plus que les défenses d’éléphant mort ! Apporte-les et nous te payerons royalement.
En chemin, l’homme se dit, « Cet éléphant avait l’air si gentil qu’il se pourrait bien qu’il se laisse convaincre de m’en céder une ? cela me ferait un bon paquet d’argent ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait, il se munit d’une scie et retourna dans la forêt himalayenne, là où vivait le « bon roi des éléphants ».
L’éléphant blanc, surpris de le voir revenir, lui demanda :

– Pourquoi es-tu revenu, ô homme, qu’est-ce qui t’amène ? »
– La misère, éléphant blanc, la misère! lui répondit l’imposteur.
Je n’ai pas de quoi manger. Donne-moi une de tes défenses, je la vendrai à Varanasi et cela me permettra de vivre ! »

L’éléphant blanc choqué par une demande aussi effrontée, réfléchit un moment et se dit que ceci devait être. Il répondit :
– Te rends-tu compte de ce que tu me demandes ?
L’homme restait silencieux.

– D’accord, si cela peut te rendre service, frère humain, je te donne une de mes défenses. As-tu un outil pour la couper ?
– J’ai apporté une scie ! » répondit promptement l’avide personnage.

Alors l’éléphant se coucha et se laissa couper une défense.
L’homme, enjoué, reprit :
– Mon cher éléphant, une défense ne va pas sans l’autre. Laisse-moi te couper aussi l’autre ; comme cela, je ne serai pas obligé de revenir quand j’aurai dépensé l’argent de la première.

L’aplomb et l’outrecuidance de cet homme porta à son comble l’étonnement de l’éléphant blanc :
– Tu vas me laisser sans défenses ?
Ne penses-tu pas que je tenais à mes défenses et qu’elles me manqueront?
Elles me permettaient aussi de rester en vie ! Mais… si tu penses, frère humain, que vraiment elles te rendront service, emporte-les et fais ce qui te semble juste !
Prend ma seconde défense ! répondit affectueusement Mana.

Le personnage sans foi ni loi, emporta les défenses sans le moindre mot de remerciement. Il les vendit un très bon prix aux artisans de Varanasi.
Il mena une vie insouciante pendant quelques temps, et dilapida l’argent de la vente. Alors, il retourna dans la forêt himalayenne trouver l’éléphant au grand cœur et lui dit :
– Éléphant blanc, j’ai vendu tes défenses, mais l’argent s’est envolé !
Me voilà de nouveau dans la misère, mourant de faim ! Aie pitié ! Donne-moi les restes de tes défenses que je les vende aussi.

– Comment t’appelles-tu, homme sans nom ? » demanda Mana l’éléphant.
– Goruk, répondit l’homme avec un petit rictus qui déforma son sourire gêné.

L’éléphant blanc observa longuement cet homme cupide. Il perçut son âme perdue, emprisonnée dans toutes ces enveloppes grossières, ces passions, ces envies, ces jalousies.

Il se dit que, puisqu’il avait donné ses défenses, il pouvait bien en donner les restes. Et il les lui donna. Goruk, les lui coupa et s’en alla sans mot dire.


Toutes les créatures étaient en émoi..

Les oiseaux, qui avaient tout vu, colportèrent la nouvelle partout dans l’immense forêt. Toutes les créatures étaient en émoi, ne comprenant pas ce comportement indigne d’une créature, ces gestes dictés uniquement par l’appât du gain.
Chacun avait son avis. Mais ils étaient tous d’accord pour condamner ce comportement .
Cela arriva jusqu’aux oreilles de Seigneur le Tigre qui, outré, suivit l’avis général des animaux. C’était trop !…

 

Qu’il aille en paix !

Bien sûr, encore une fois, l’argent ne fut pas long à disparaître et le cupide Goruk reprit pour la troisième fois le chemin de la forêt himalayenne. Sans ambages, il déclara à l’éléphant blanc :
– Tu m’as donné tes défenses, tu m’as donné leurs restes, eh bien, maintenant, tu peux bien me donner les racines ! Elles ne te servent à rien et moi je pourrais les vendre !

Mana au grand cœur convint que, si les restes allaient avec les défenses, les racines aussi en faisaient partie.
Il se coucha afin de permettre à l’ ingrat Goruk de s’emparer des racines de ses défenses.
Goruk saisit la tête de Mana et creusa à la place où, auparavant, jaillissaient de magnifiques défenses, jusqu’à ce qu’il eût extrait les deux racines. Il les prit et s’éloigna, tout heureux à l’idée de la bonne somme qu’il allait en tirer.

 

Pas un mot vers Mana, l’éléphant.

L’éléphant blanc le regarda partir, le cœur compatissant, et pensa :
Je lui ai accordé tout ce qu’il m’a demandé. J’espère lui avoir rendu service. Qu’il aille en paix !

 

Mais les oiseaux de la forêt ne l’entendirent pas de cette oreille

Ils se mirent à piailler d’indignation et alertèrent la forêt entière. L’homme qui avait pris le chemin du retour se retrouva soudain entouré d’une multitude d’animaux qui lui faisait une barrière aussi inextricable que les arbres et les ronces de la première fois.

 

Qu'on le juge!

Les petits singes piaillaient : « qu’on le juge ! qu’on le juge ! »  

 

Oui bien sûr ! on peut certes condamner les actes de cet homme si ingrat ! un jugement ? et vous ? qu’en pensez vous ? si vous deviez participer au jugement de cet homme, que diriez-vous ? qu’est-ce qui est contre lui, qu’est-ce qui est pour lui ? Inscrivez vos réponses dans les commentaires au bas de l’histoire ou écrivez votre réflexion pour vous-même.

Papiguy

 

et voiçi la suite de l’histoire de Mana l’éléphant.

oiseaux pas de cette oreilles.jpg

 

Mais les oiseaux de la forêt ne l’entendirent pas de cette oreille

 

 

 

Ils se mirent à piailler d’indignation et alertèrent la forêt entière.

 

L’homme qui avait pris le chemin du retour se retrouva soudain entouré d’une multitude d’animaux qui lui faisait une barrière aussi inextricable que les arbres et les ronces de la première fois.

 

 https://static.blog4ever.com/2016/03/815606/artfichier_815606_5591910_201604040303463.jpghttps://static.blog4ever.com/2016/03/815606/artfichier_815606_5591901_20160404021896.jpg



                                   

 

Les petits singes piaillaient : « qu’on le juge ! qu’on le juge ! »

 

Oui bien sûr ! on peut certes condamner les actes de cet homme si ingrat ! un jugement ? et vous ? qu’en avez-vous pensé ? avez-vous pris le temps de la réflexion ? de contempler, de méditer sur ce sujet ?

 

 

 

 

 

Mais l’histoire continue car le temps ne s’arrête que très peu :

 

Goruk se trouvait entouré de tous ces animaux mais ne désespérait pas de se sortir d’affaire par une ruse ou une autre. Soudain, il entendit les grognements du tigre. Il se rapprochait de lui.

sumatran-tiger-996481_640.jpg

 

 

Affolé, il prit ses jambes à son cou, fit demi-tour, et s’en retourna vers l’éléphant blanc, pourchassé par une nuée d’oiseaux et de sauterelles.

 

Mana, encore tout étourdi de l’opération qu’il venait de subir, fût étonné d’un retour si précipité. L’homme se jeta à ses pieds et s’écria : Protège-moi, éléphant ! Sauve-moi !

Les oiseaux et les sauterelles piaillant furieusement furent rejoints par le tigre menaçant qui s’adressa alors au roi des éléphants.

 

Oh toi, Mana, grand sage !

« Oh toi ! Grand sage, cet humain t’a manqué de respect ! Je pense que lui manger un bras serait une bonne punition ! et puis s’il trouve que ce n’est pas équilibré je lui mangerai l’autre aussi ! Qu’en penses-tu ?

À ces mots Goruk se mit à trembler comme les feuilles d’un peuplier un jour de tornade.

 

L’éléphant répondit doucement :

 

- Laissez-le aller.
Nous subissons tous les conséquences de nos actes, de nos paroles, de nos pensées. Laissez-le cueillir lui-même les fruits de ses agissements.
Pour ma part je le remercie de m’avoir obligé à me détacher de mes défenses si utiles dans ce monde ci. Mais que ferais-je avec elles dans l’autre monde ?
Je suis en paix avec lui.  Apaisez votre colère mes amis et donnez.
Demandez-vous, si, à un moment ou un autre, chacun d’entre vous, n’êtes pas devenu aveugle à la condition de l’autre, juste par appât du gain, par avidité ou par peur de perdre ses acquis et son confort de vie!
Valons-nous mieux que lui ?
Un grand sage m’a enseigné quand j’étais plus jeune. C’était un homme qui connaissait le langage des animaux.
Il m’a donné le conseil suivant : Prie pour tes ennemis et les personnes qui te font souffrir.
- Mais, bon roi des éléphants, s’exclama le tigre, si je maudis celui qui me fait du mal et que cela le détruit, moi cela me satisfait ! Je bave déjà à l’idée de lui manger un bras à cet avorton !
-Tu seras satisfait de façon égoïste, mais le seras-tu au fond de ton cœur ? La conscience au fond de toi, sera-t-elle satisfaite ?
- Mais, je vais passer pour un imbécile et un faible ! » Grommela le tigre.
- Tu ne passeras pour un imbécile qu’aux yeux des ignorants.
Nous, animaux, avons tendance à maudire nos ennemis. Prier pour eux, nous fait apparaître faibles et sans défenses.
Mais si vous paraissez faibles extérieurement, vous manifestez, dans la vérité de votre être, la vraie force du caractère.

 

Mais à lui, cela sert à quoi ce que tu as fait ?

Les sauterelles s’exclamèrent à leur tour : Oh ! Roi bien-aimé, tu as sacrifié beaucoup de toi. Mais à lui, cela sert à quoi ce que tu as fait ? Est-ce vraiment utile ? Est-ce vraiment sage ? Et Mana répondit :
- Je ne sais pas. C’était ce que je devais faire.
Ce que je dois faire en toute occasion, c’est donner. Dieu seul sait ce qui est utile et ce qui ne l’est pas. Il est la force invisible qui préside à chacun de nos gestes.

https://static.blog4ever.com/2016/03/815606/artfichier_815606_5587404_201604024615993.jpg

 

Mana raconta alors l’histoire suivante

Lorsque j’étais jeune, j’avais soif de connaissance. Je la cherchais partout dans le monde. Ma recherche n’avait pas de fin. J’étais curieux de tout.
J’avais la certitude que, pour être plus sage et plus intelligent, il fallait accumuler beaucoup de connaissances variées.
Cette quête perpétuelle du savoir dura des années, et des années. Je courais partout de par le monde.
Chaque jour me voyait devenir plus sec, plus décharné, plus fatigué.
Harassé, je cherchais à rejoindre un sage dont on m’avait parlé à Palmyra en Syrie.
Je me perdis dans un désert sans fin.
J’avais tellement soif ! C’était clair que j’allais mourir là, loin de chez moi, en toute absurdité.

 

Le prince Hatim

Et je m’écroulais…quand soudain des hommes me secoururent et m’amenèrent jusqu’au campement d’un prince Taï appelé Hatim.

hatim.jpg


Cette homme me soigna, me reçut comme un roi, me choya alors qu’il ne connaissait rien de moi.
Mon cœur fût touché par sa compassion. Il me fît forte impression.

 Des hommes me racontèrent qu’il était connu dans les villes et les déserts de toute la Syrie pour sa générosité extrême, à tel point que cela avait même rendu jaloux le roi du Yémen. Tous les jours étaient jour de festin en mon honneur.

Arriva un homme qui demanda asile pour la nuit. Il avait l’air louche, dépenaillé comme moi. Le prince Hatim le reçut de la même façon que moi. Il le reçut comme un frère, et ordonna un festin sur le champ.

L’homme resta plusieurs jours, puis, à regret, se résigna à reprendre sa route.
- Une affaire importante m’attend à Palmyra, dit-il à Hatim.
- Puis-je t’aider ? demanda le jeune prince.

L’autre, à voix basse lui révéla qu’il devait tuer Hatim Taï, sur l’ordre du roi du Yémen. Il ajouta : Je suis pauvre, je vis de meurtres et je dois accomplir celui-là. Si tu veux me rendre service, après m’avoir reçu comme jamais je le fus, décris-moi ce noble qu’il me faut abattre, car je n’ai jamais vu son visage.

Hatim se mit à rire, s’inclina, et posant la main sur sa poitrine, répondit :
- Cher invité, ne va pas plus loin car je suis Hatim Taï, celui que tu cherches. Prend ma tête, je te l’offre. Ramène-la à ton roi, car tu dois tenir ta parole et mener à bien le travail qui t’a été confié.


Le malandrin, entendant ces paroles, tomba à genoux devant Hatim et baisa le sol en gémissant. Il se mit à pleurer à chaude larmes.
- Si je te tue, lui dit-il, que le sable du désert dévore mon corps jusqu’à le réduire en poussière.

Hatim le releva, lui fit donner des provisions et l’assassin s’en revint au Yémen. Ce n’était plus un assassin.
La générosité et la bonté d’ Hatim l’avaient touché si profondément, que son cœur si dur jusqu’alors, s’était ouvert et attendri.
Quand le roi du Yémen apprit son histoire, il admit qu’aucun être au monde n’était plus généreux qu’ Hatim. Il le respecta et le considéra comme un saint homme.
La légende d’ Hatim se raconte encore en Syrie aujourd’hui et dans les pays alentours. Son tombeau est devenu lieu de pèlerinage.

Je n’ai jamais oublié le prince Hatim et m’efforce de trouver la volonté de donner à tous ceux qui me croisent et demandent. C’est ainsi que s’est dessinée ma vie.

 

Goruk n’avait jamais vu, ni ressenti un tel amour jusqu’à ce jour

Les animaux impressionnés s’écartèrent alors. Goruk l’impudent qui croyait sa dernière heure arrivée, regarda cet éléphant qui, jusque-là ne représentait pour lui, qu’une banque à ivoire. Il était là, devant cet éléphant aux plaies sanglantes à la place des défenses.
Il était là devant une créature qui rayonnait d’un amour si tendre qu’il n’avait jamais vu, ni ressenti un tel amour jusqu’à ce jour. De la chaleur envahit sa poitrine.
Goruk sentit des sanglots monter comme un raz de marée tellement fort, qu’il en tombât à genoux. Il pleura toutes les larmes de son corps. Il avait soudain honte de sa méchanceté, de son ingratitude et regrettait sincèrement et de tout son cœur de ne pouvoir revenir en arrière. Mana le réconfortât et lui souhaita bonne vie.

 

 Dans la forêt, l’on ne revit jamais Goruk l’impudent. Mais, bien plus tard, des oiseaux de passage rapportèrent qu’un homme de la ville de Gorakhpur était réputé pour sa générosité et qu’il racontait des histoires d’éléphant blanc à qui voulait bien l’écouter.

 

 

Epilogue :

000_DV1751363_0.jpg

 

 

Quelques années plus tard, une jeune girafe venue d’Afrique arriva dans les forêts Himalayennes. Comme Mana quelques années auparavant, elle avait décidé de quitter les siens, de quitter son train-train quotidien et de partir à l’aventure, de partir à la rencontre d’êtres exceptionnels capables de lui enseigner la vérité.

Son voyage avait été très fatiguant car elle avait beaucoup marché, courbée, pour ne pas se faire remarquer par les prédateurs de tout style. Elle avait mal au dos et trouva un peu de repos auprès de Mana l’éléphant dont la réputation avait dépassé les frontières de l’Inde.

Ce fût l’occasion de longues discussion, le soir, après que les animaux avaient été boire à la rivière. Tous les animaux intéressés des environs en profitèrent pour se joindre à eux.

treefrog-765123_640.jpg

Ainsi Ujala la grenouille raconta que les oiseaux lui avaient donné des nouvelles de Goruk. Elle raconta comment il était connu maintenant comme un homme brave, honnête et généreux. Tout le monde s’émerveillait de ce changement miraculeux et louait les talents de Mana.

 

Mana leur répondit : «  il n’y a aucun talent là-dessous. Seul l’amour a permis ce miracle.

La girafe, connue pour son grand cœur demanda : « D'où vient l’amour ? »

 Mana :  On sait juste qu’il surgit en nous, nous illumine, nous habite parfois longtemps, parfois brièvement.  Imprévisible, il nous révèle, nous grandit et parfois nous désespère. Il surgit de cet endroit paisible, de cet oasis, peut-être une île, au fond de notre cœur. Il régénère tout sur cette terre.

Après un pause méditative, Mana l’éléphant continua :

Dans le monde des hommes et des femmes de cette étrange planète, les guerres, la violence, la misère, l'injustice font rage depuis des générations. Mais bizarrement les hommes sont aussi capables d’exprimer beauté, créativité, tendresse. J’ai même rencontré des êtres humains capables d’une compassion extraordinaire, et d’autres capables, de se sacrifier pour leur congénères d’autres d’aimer au-delà d’eux même.

Lors de mon périple en Afrique, j’ai été  étonné de rencontrer des hommes de foi, des hommes  capables de courage, des êtres humains détruits qui arrivaient malgré tout, à se reconstruire, à espérer, à s'entraider, d’autres à aimer sans conditions, et quelquefois même durablement.

J’en ai déduit que toutes ces qualités étaient cachées dans le cœur de l’homme. Mais qu’elles étaient enveloppées, emmaillotées par notre avidité, nos jalousies, notre sentiment d’importance, notre égoïsme, etc..

 Se tournant vers la girafe, il continue :

Il nous est nécessaire alors de faire en sorte d’écarter ces voiles de vibrations trop lourdes ou de les rendre plus légers en faisant fondre leurs lourdeurs.

Quelquefois un choc salutaire permet l’entrebâillement de ces voiles et la grâce du moment peut apparaître dans toute la beauté de sa simplicité.

Mais de façon plus durable, l’amour peut faire fondre ces opacités, rendre les voiles plus légers et aider la personne à retrouver le chemin de son cœur et exprimer à nouveau les qualités de cœur.

La girafe décida de repartir le lendemain.

   f6221f229d49ae9f8b8c9b1869013a5a_large.jpeg
De retour chez elle, elle raconta ses entrevues avec Mana l’éléphant à tous ses amis, notamment à l’un de ses amis humains, un ami américain qui s’appelait Marshall.

Marshall Rosenberg s’inspira d’elle pour enseigner aux autres humains comment résoudre les tensions pacifiquement entre les hommes.

 

 

Le conte est fini.

 

Que ses mots illuminent votre chemin et enchante votre cœur.

 

Papiji de Montpellier.

 

 



06/03/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 134 autres membres