Contes de coeur de Papiguy

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VIVEK ÉPISODE 2 : L’APPROCHE DU ROI VIKRAM

 

VIVEK ÉPISODE 2 : L’APPROCHE DU ROI VIKRAM

Vivek retournes chez lui. Songeur, il ne savait que penser de tout cela. L’histoire du Guru l’avait désorienté. Il ne se sentait pas à la hauteur d’une telle abnégation dans l’amour.  Si finalement son attirance pour Laura n’était qu’une chimère ? Un amour impossible lui permettant de ne pas regarder les cœurs autour de lui ? Et l’amour ? C’est quoi au juste ? Certains jeunes de son âge disaient qu’il avait beau questionner des jeunes autour de lui, aucune réponse n’arrivait à le convaincre.

Mitra, son ami était en voyage d’affaires. Il alla partager ses doutes avec Munir, son précepteur. Celui-ci lui dit :

« Lorsque tu étais enfant, l’on t’a raconté les histoires extraordinaires du roi Vikram, qui grâce à sa dévotion, avait acquis la faculté de pouvoir entrer dans le corps d’autres créatures. Ces tribulations racontaient, comment, par la ruse et la sagacité, il arrivait à rétablir justice et vérité. Mais l’on connaît moins l’histoire de la rencontre entre l’audacieux roi Vikram et la sage reine Abol Rani. Chaque épisode de l’histoire propose un dilemme qui appelle à la réflexion. Je ne suis pas sûr que cela t’aides à dissiper tes doutes, ni que cela nourrisse ta réflexion actuelle. Mais ces histoires sont un héritage de sagesse qu’il ne faut pas ignorer dans ta recherche présente et à venir. »

À Ujjayini, régnait Vikramaditya, un jeune prince intrépide et noble, à la foi ardente et avisée. On l’appelait communément Vikram. Il était accompagné de Bhatti, son ami et conseiller. Bhatti était toujours d’humeur égale, et son équilibre et sa raison tempéraient l’ardeur du jeune roi.

Ils vécurent ensemble de nombreuses aventures aussi surprenantes les unes que les autres… et puis, Vikram, fatigué de ses exploits, décida de vivre une vie plus calme, rythmée par les prières, la méditation et le gouvernement des affaires de son royaume. Mais sa curiosité le piquait au vif si fortement qu’il n’hésitait jamais à aller au-devant de toutes nouvelles connaissances. Un prêtre de ses amis vînt un jour le trouver et lui conta une histoire incroyable. Il commença ainsi :

 

 

 

 

« Sire, sur la place du palais royal, se tient une petite échoppe. Le propriétaire, Kamal, y vend des fruits secs comme des noix, des amandes, des raisins secs, mais surtout un thé très rare venant des plateaux du Yunnan en chine. Je traverse moi-même cette place tous les jours pour aller au temple et je sens le parfum subtil de ce thé qui émane de ses jarres. Un jour, je vis apparaître une ravissante jeune fille richement vêtue, parée de bijoux, de perles et de diamants. Elle traversa la place et vînt à la petite échoppe pour acheter le fameux thé. À partir de ce jour, je la vis revenir tous les jours de la sainte semaine. Chaque jour, elle achetait le même sachet de thé odoriférant  et disparaissait ensuite. Personne ne la connaissait dans la ville. Hier, intrigué, j’ai décidé de la suivre. La jeune fille est sortie de la ville. Elle se dirigea vers une colline boisée, alla jusqu’au sommet. Et elle disparût derrière un grand rocher ! je contournait le rocher et vît l’entrée d’une grotte.

Elle était entrée par là. Il y faisait sombre. Et si c’était la maison d’un ours ? J’ai hésité. Puis, finalement je suis descendu dans la grotte. J’entendais, au loin, le bruit de ses petits pas légers. Mais j’essayais surtout de ne pas glisser ni faire de bruit. Il y faisait chaud. Je descendais de plus en plus profond, de plus en plus loin. Quelque chose allait se passer. Il faisait très noir. J’avais la sensation d’entrer dans quelque chose de très profond, de plus en plus profond… le temps de compter 5, 4, 3, 2, 1, les rochers s'ouvrirent. Il y avait de la lumière de l’autre côté ! Il y avait des plaines, des collines ! Un autre pays !

Tout semblait paisible. Au milieu des arbres centenaires, s'élevait une petite ville et, dans un somptueux jardin, étincelait un palais blanc. Je me dis alors : « Qui peut bien régner sur un tel endroit ? "

 Je me suis dirigé vers le palais. En entrant dans le jardin aux milles couleurs, je vis la jeune fille que j’avais suivie, entourée d'un grand nombre d'autres jeunes filles qui lui ressemblaient curieusement. Je me suis approché et les ai salués. Sans dire un mot, les jeunes filles s'inclinèrent gracieusement.

- « Qui êtes-vous et qui règne sur cette contrée ? » Demandais-je.

Une des jeunes filles répondit :

- « Vous êtes dans le royaume de la reine Abol-rani, et nous sommes ses demoiselles d'honneur. Notre reine ne voit pas d'un bon œil l'intrusion d'étrangers dans son royaume. Tu ferais mieux, saint homme, de retourner d'où tu viens ! »

- « Tel n'est pas mon désir !  Menez-moi à votre reine afin que je puisse lui présenter mes hommages. » Répliquai-je hardiment

- « Notre reine ne se soucie pas des hommages de qui que ce soit. Elle demeure cachée à tous les yeux, derrière quatre tentures et ne se montre à personne. » Déclara la jeune fille

- « Je resterai ici tant que je n'aurai pas vu la reine Abol-rani ! »

- « Bien, puisque tu tiens tant à voir notre reine, il te faut tout d'abord te baigner dans ce lac ! » dit la jeune fille en souriant.

Et les jeunes filles me menèrent vers un lac couvert de milliers de fleurs de lotus. Il y avait toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. J’ai touché la surface de l'eau avec mes pieds.

 

Alors, tout se mit à tourner autour de moi. Les images étaient confuses, je me suis senti projeté dans un tourbillon, et, en un instant, je me suis retrouvé sur la place d'Ujjayini, devant l'échoppe de Kamal. La boutique était fermée. La place était vide. Il était minuit. Je me suis demandé si je n’avais pas rêvé. Tout cela semblait tellement irréel ! Troublé, je suis retourné chez moi et me suis couché. Mais je n’ai pas fermé l’œil de la nuit ! Les images revenaient sans cesse. Je tournais et tournais dans mon lit jusqu’à ce matin.

Je me suis dit alors que vous seul pourrait comprendre ce qui m’était arrivé. Est-ce que je rêve ou est-ce que je suis éveillé ? »

- « Peut-être les deux, » répondit Vikram. « Peut-être peut-on ramener le désir de son cœur qui semble un rêve dans le monde matériel ? Voudrais-tu me mener à cette grotte ? »

Et ils s'en furent. Ils arrivèrent sur la montagne. Le roi Vikram descendit dans la grotte. Le prêtre rentra à Ujjayini. Le roi s'enfonça, sans crainte, de plus en plus profondément, jusqu’à sentir cette sensation particulière d’entrer dans quelque chose de très profond, de tellement profond…

Le temps de compter 5, 4, 3, 2, 1, les rochers s'ouvrirent. Il aperçut la ville de la reine Abol-rani. C’était comme s’il connaissait déjà ce lieu ! Peut-être dans ses propres rêves ? Il se dirigea résolument droit vers le palais immaculé. Mais au plus il approchait, au plus il se sentait troublé. Comme si cette rencontre avec l’inconnue était importante pour lui. Sa raison lui disait bien que c’était parfaitement idiot, et qu’il se la racontait version Roméo et Juliette. Mais son cœur s’était mis à battre plus fort.

Dans le parc, devant le château, les filles d'honneur de la reine tressaient des couronnes de fleurs. Le roi s'approcha d'elles, les salua et leur demanda :

- « Qui êtes-vous et qui règne ici ? »

Les jeunes filles s'inclinèrent très bas.

- « Nous sommes les filles d'honneur de la reine Abol-rani, répondit l'une d'elles, c'est elle qui règne ici. »

- « Je suis le roi Vikramaditya d'Ujjayini et je serais très heureux de faire la connaissance de votre souveraine. »

Les jeunes filles se regardèrent l'une l'autre en souriant, et l'une d'elles lui répondit :

- « Approches, mais il faut auparavant que tu te baignes dans ce lac. »

Le roi Vikram se mit à rire et dit fermement :

- « Je ne veux pas, pour l'instant, retourner à Ujjayini par ce chemin un peu spécial. Je désire faire la connaissance de la reine Abol-rani et, ensuite, si vous m'en priez encore, peut-être me baignerai-je. »

Les jeunes filles furent bien étonnées que le roi ait percé à jour leur stratagème et dirent :

- « Nous allons t'annoncer. Si notre reine y consent, nous te mènerons à elle, mais elle vit cachée derrière quatre tentures et tu ne pourras même pas l'entrevoir. »

- « Nous verrons bien ! » dit Vikram, qui riait encore et les jeunes filles s'en allèrent annoncer sa visite à leur reine. Un instant après, elles revenaient et l'une d'elles déclara :

- « Tu peux venir. La reine te recevra. Mais elle ne parle jamais à un homme et comme, de surcroît, elle est cachée derrière quatre tentures et que tu ne la verras même pas, je me demande pourquoi tu désires tant qu'elle t'accueille. »

- « Ça, c'est mon affaire ! » répondit Vikram, néanmoins grandement troublé par le pressentiment de la rencontre avec la reine. Peut-être son destin allait-il se jouer là ? Il ne croyait pas si bien dire, car, à peine avait-il franchi le portail du palais. Qu’une des jeunes filles qui le précédait lui dit :

- « Roi imprudent ! Tu vas avoir besoin de toute ton intelligence et de toute ta vaillance. Notre reine vit derrière quatre tentures comme nous te l’avons annoncé. Agis en sorte que les quatre tentures tombent d'elles-mêmes, avant que le soleil se couche. S’il en est ainsi, tu verras notre reine et elle t'adressera la parole. Mais, si tu n'y réussis pas, tu mourras. »

Ce disant, ils arrivèrent dans un grand salon au plancher de bois précieux, aux murs couverts de pierres fines et au plafond en cristal. Au centre, une grande tenture brodée, qui cachait trois autres tentures brodées de dessins de couleurs différentes. Les tentures cachaient un sofa aux couleurs mordorées, sur lequel se tenait la reine Abol-rani. Les jeunes filles indiquèrent un siège au roi et se groupèrent autour de lui

 

- « Les dieux te protègent, reine Abol-rani, » dit le roi Vikram. « Je suis venu d'Ujjayini afin d'avoir l'honneur de faire ta connaissance et je te remercie de m'avoir fait la faveur de me recevoir. »

Les tentures frémirent, mais la reine ne prononça pas un seul mot.

Si c’était la reine de son cœur comment le découvrir ? Est-ce que lorsque nous approchons l’autre, pleins des promesses de l’amour, est-ce que de savoir qui est l’autre ne nécessite pas d’aller plus loin que la simple apparence ? Là, d’apparence, il n’en avait pas ! Il se sentait intuitivement familier de cette âme cachée derrière ces voilures. Mais ce n’était pas suffisant ! Comment apprécier cette dame qui ne voulait manifestement pas le recevoir ? Les  filles d’honneur se moquaient de lui. Vikram, troublé par cette situation, troublé par ses propres questions, prit quelques instants pour méditer et écouter son cœur.

Il y sentit une certitude. Quelque chose de fort et de profond. Sans tumultes. Sans battements de cœur excessifs. Mais une grande intensité. Vikram décida de puiser dans toute la sagesse et la malice que son père lui avait transmises pour faire tomber les tentures d’Abol-Rani, la farouche.

- Très bien, dit-il, puisque tu ne peux me répondre, ô reine, sans doute tes pendants d'oreilles pourront-ils parler à ta place ?

Les jeunes filles éclatèrent de rire à cette idée, mais elles furent surprises d’entendre les pendants d'oreilles tinter et répondre :

- Nous t'écoutons, Majesté, et nous répondrons !

 

PREMIERE HISTOIRE : UN DILEMNE ? 

 

"Dans un certain village, vivaient quatre braves garçons. Ils étaient tous quatre bons amis.

Le premier était de la caste des prêtres, le deuxième de celle des guerriers, le troisième de celle des marchands et le quatrième de celle des artisans.

Ils décidèrent de s'en aller de par le monde pour apprendre un métier. Ils prirent congé de leurs parents et de leurs proches et s'en furent.

 

Le soir, arrivés dans un village, ils demandèrent asile pour la nuit à un sculpteur sur bois. Le matin, quand ils se préparèrent à reprendre la route, le sculpteur leur dit qu'il prendrait volontiers l'un d'eux en apprentissage. L'artisan resta chez lui et les trois autres continuèrent leur route.

 

Ce jour-là, ils demandèrent l'hospitalité pour la nuit à un tisserand. Lui aussi leur dit qu'il prendrait bien l'un d'eux en apprentissage. Et le marchand resta chez lui.

 

Le lendemain, les deux autres compagnons s'en allèrent seuls. Quand ils arrivèrent, le soir, dans un village, ils allèrent passer la nuit chez un orfèvre. Et chez celui-là, ce fut le soldat qui resta en apprentissage.

 

Donc, le fils de prêtre s'en alla tout seul. L'après-midi, il arriva à un ermitage, au milieu des bois, où demeurait un saint homme et il se fit son disciple.

 

Ainsi, les quatre compagnons avaient trouvé chacun un maître et chacun étudia très assidûment son métier.

 

Après douze ans d'études, le prêtre quitta son vénéré professeur et s'en retourna chez lui.

Il passa chez l'orfèvre pour retrouver son ami le soldat devenu orfèvre, tous deux allèrent ensuite ensemble chercher leur compagnon  marchand devenu tisserand et enfin tous trois prirent en chemin l'artisan devenu sculpteur sur bois ; et tous quatre, de nouveau réunis, se dirigèrent vers leur village.

 

Mais la nuit les surprit alors qu'ils étaient encore au milieu des bois. Ils s'allongèrent sur l'herbe d'une clairière et décidèrent de monter la garde chacun leur tour.

Le premier veilleur fut l'artisan qui avait été apprenti d'un sculpteur. Il avait sommeil. Pour ne pas s'endormir, il prit une grosse branche et sculpta une jeune fille.

Le deuxième garde, le marchand devenu tisserand, tissa des vêtements à la jeune fille.

Le troisième, le soldat devenu orfèvre, lui fit des colliers, des bracelets, des boucles d'oreilles, des bagues.

Quand vint le tour du prêtre, disciple d'un saint homme, il décida de lui donner la vie. Il récita tout bas, mantra, invocations et formules obscures et la jeune fille ouvrit les yeux. Elle prononça quelques paroles qui réveillèrent les trois autres compères.

 

Les quatre amis se mirent à se disputer, chacun voulait que la jeune fille lui revienne."

 

Le roi Vikram ayant ainsi fini son récit, demanda :

 

- Dites-moi, avec qui, de droit, la jeune fille devait rester ?

 

La plupart des jeunes filles    qui   participaient à cette réunion, se mirent à murmurer entre elles :

 

- La jeune fille appartenait de droit à celui qui lui avait donné la vie.

- Non à celui qui s’est vraiment occupé d’elle….

Et qu’allaient répondre les pendants d’oreilles ?

 

D’après vous avec qui devrait vivre cette jeune fille ? Pourquoi ?

 

Y-a-t-il donc plusieurs formes d’amour ?

 

Allez-vous faire tomber le premier voile d’Abol Rani ?

 

Si vous voulez poursuivre votre réflexion autour des différentes formes d'amours et de qui devrait être le compagnon de votre vie.

Relisez l'histoire une deuxième fois en repérant les moments et les aspects qui vous semblent importants. 

Écrivez-les au besoin sur un carnet ou une feuille de papier en les résumant par une phrase ou un mot qui vous parle et vous paraît  important.

Ou dessinez sur une feuille ce qui vient. 

 

Relisez une troisième fois.

Prenez un temps de centration sur le cœur en ayant fait une petite détente du corps avant, laissez venir la réponse de l'intérieur.

 

Si tout est confus en vous, peut-être le courrier du cœur vous proposera un éclairage plus actuel.

 

Vosréponses seront les bienvenues par les commentaires.

 

A bientôt pour la suite des trois autres histoires…                                        Papiguy

 

 

 

 

 

 

 



28/02/2017
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