Contes de coeur de Papiguy

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LES TRIBULATIONS DE VIVEK LE RÊVEUR D'AMOUR 1

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HISTOIRES de VIVEK le rêveur d’amour : premières tribulations


Voici le premier épisode de l’histoire du jeune Vivek le chasseur de rêves et de Laura la farouche.

Nous allons partager sa quête de la femme de ses rêves, ses questionnements, ses réflexions, ses méditations autour de comment aimer.

 

La famille d’Ujjaïn
Adil Nayaka, le père de Vivek, était un homme d’affaires important de la région d’Ujjain. Adil était, dit-on, l’héritier lointain du roi Vikramâditya, roi légendaire d’Ujjain, célèbre pour sa sagesse et sa magnanimité.*
Fidèle à la réputation familiale, Adil dirigea son entreprise avec beaucoup de justice et d’humanité. Fidèle pratiquant et aspirant du dieu Ganesha, il fût, pour son fils, un exemple de sagesse, de connaissance et de compassion. Il s’arrangea pour donner la meilleure éducation possible à son fils Vivek. Il fît venir un précepteur soufi, Munîr-ud-dîn renommé pour sa moralité et son ouverture d’esprit. La sagesse, l’humilité et la charité de Munîr étaient si rayonnantes, qu’il ne tardât pas à devenir un repère important pour Vivek. Mounir éveilla l’intérêt de Vivek à la dimension spirituelle de la vie. Il y avait autre chose que les apparences. Chercher plus loin, derrière chaque chose et sentir son Essence. Sentir l’essence de chaque chose.
Munîr avait un fils, Mitra, qui devint vite le meilleur ami de Vivek. Ces deux-là étaient aussi inséparables que différents. Autant Vivek était intrépide, curieux de tout, épris de justice, autant Mitra était d’humeur toujours égale, calme et pondéré.
La méditation et l’influence de son ami aidèrent Vivek à tempérer son intrépidité.
Adil Nayaka décéda lorsque Vivek terminait ses études en France. Vivek revînt pour reprendre les affaires de son père. Mitra, son ami, était son conseiller et son collaborateur fidèle.
Après beaucoup d’agitations, d’efforts, de travail, Vivek aspira à une vie plus calme, plus équilibrée, Ses affaires tournaient bien maintenant. Mais il lui semblait manquer à l’essentiel, à quelque chose qui donnerait sens à sa vie.

 

Le Malaise de Vivek

Tout allait bien. Mais il se sentait intérieurement dans une sorte de déséquilibre. Il avait du mal à se concentrer. Quelque chose lui manquait. Il avait beau avoir le meilleur ami du monde, il se sentait souvent seul. Terriblement seul, comme un orphelin abandonné dans une forêt dont il ne voyait pas l’issue. Tout était confus à l’intérieur de lui. Mitra se maria, et ce sentiment grandit jusqu’à devenir souffrance intérieure.

 

Laura la mystérieuse
Une nuit il eût un rêve : Une jeune femme brune, aux yeux bleu magnétique, se tenait debout sur le pavois d’un grand paquebot en perdition dans une mer agitée. Elle semblait l’appeler. Et lui était trop loin et ne pouvait rien faire. Il ressentait la présence de cette jeune femme avec une intensité inégalée qui le troublait complètement. Il se sentait étrangement relié à elle. Curieusement cette vision apaisa sa souffrance, mais fît exploser son cœur de petites pointes douloureuses, lancinantes.
Quelques jours plus tard, par hasard, en consultant ses réseaux sociaux, il tomba sur le profil d’une jeune femme dont il reconnût la description qu’il avait eue dans son rêve. Elle s’appelait Laura et habitait dans les montagnes de l’Atlas au Maroc. Son profil était déconcertant mais il était sûr que c’était elle. Son visage n’était jamais montré clairement comme dans son rêve. Mais il ressentit immédiatement la qualité de sa présence. Ces images enflammèrent son ardeur. Il tenta d’entrer en contact avec elle par messagerie. Pour toute réponse, il reçut en retour un smiley qui lui poussait la langue !

Troublé, il en fît part à son ami Mitra qui lui dit : « Écoute ton cœur. Écoute ton intuition. »

Alors, il insista encore pour qu’elle accepte de communiquer avec lui. Mais en vain, ses avances restèrent vaines.
Il en parla à son mentor Munîr qui lui dit alors :
« L’amour n’est pas qu’une affaire de curiosité, de possession, d’avidité ou de passion. Il existe différentes formes à l’amour, différentes façon de le conjuguer ou de l’aborder. Laquelle est tienne ? »

Il réessaya une troisième fois, implorant Laura d’accepter le dialogue. Elle accepta enfin. Ils essayèrent alors de communiquer ensemble par messagerie interposée. Mais l’un comme l’autre ne savait pas quoi échanger d’autre que des banalités. Trois mois passèrent ainsi. Rien ne se passait. Devais-t-il abandonner ce qui, pour l’instant ressembler nettement à une chimère ? son esprit romantique était attiré par l’idée d’un amour impossible, crée pour les besoins de ses rêves. Mais quelque chose d’autre sourdait en lui comme une rivière souterraine qui cherchait son chemin vers le soleil. Il sentait cette énergie si intensément qu’elle en devenait douleur. Il se dit alors qu’il devrait faire quelque chose. Pourquoi pas aller lui rendre visite dans son pays ? Il fit part de son intention à Munir qui lui répondit :

Ne laisses pas ton désir brouiller les pistes de ton discernement. Avant que tu entames un tel voyage, il serait utile que tu fasses retraite et rencontres un mahatma Yogi qui t’aide  à apaiser ton cœur et ton mental.

 

Chennaï ou la rencontre avec le gourou

Vivek partit pour Chennai rencontrer une grande âme appelée communément par ses disciples, Chariji.

Ce fût un moment unique de sa vie qui le révéla à des dimensions intérieures de lui-même qu’il n’imaginait pas.

Malgré tout ses pensées restaient tournées obsessionnellement vers cette jeune femme dans son bateau. Cela le tourmentait au point d’avoir du mal à trouver le sommeil. De temps en temps, son mental s’apaisait, sa souffrance disparaissait pour réapparaître brutalement au détour d’une pensée.

Son ami Mitra, au téléphone, le persuada de poser des question directement à Chariji ; après tout, Il était Son guru, et Vivek pouvait tout Lui dire.

 Vivek se retouva au pied de Chariji , et lui raconta son rêve. Chariji le regarda en souriant tendrement et lui raconta cette histoire :

 

La maison de retraite
Un vieux couple vivait dans une maison de retraite d’une petite ville du centre de la France. Amélie 93 ans était malade des bronches et avaient besoin de soins réguliers. Son mari, Rosco, 99ans marchant difficilement avec ses deux cannes en bois tordu de son jardin avait décidé de la suivre. Ils avaient été gardiens de passage à niveau. Toute la vie ensemble. Alors quel sens la vie sans elle ?
L’adaptation à la maison de retraite, fût terriblement difficile. Mais c’est cela que les enfants avaient décidé.

De temps en temps, la voix voix tonitruante de Rosco faisait trembler les murs de l’établissement. Une voix qui roulait terriblement les Rrr et résonnait comme un tambour major qui battait la charge du combat dans le silence chimique des salles blafardes éclairés de néons d’un autre siècle.
Amélie et Rosco savaient que la vie leur laissait un dernier répit. Leur vie ensemble fût tissée de moments paisibles et heureux, de tempêtes dévastatrices, de disputes perpétuelles, de dégoûts, de compétitions, de peurs, de jalousies. Et puis le temps avait usé le tissu des passions et des égos. Lorsque le temps disparaît, l’on n’a plus peur de s’apprécier, de tenir à l’autre jusqu’à découvrir au fond de son cœur, qu’on l’aime, cet autre, tellement souvent haï.
Rosco se disait : « Cette Amélie, ma foi, elle a été la personne parfaite pour me faire accepter ce que je croyais inacceptable.

Alors ils se remémoraient des souvenirs agréables de leur vie :

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Histoire de la chaîne en or et du peigne en nacre

« Te souviens-tu de ce mois de décembre de tes 23 ans ? Nous étions mariés depuis trois ans déjà et il allait être Noël ; nous n’avions pas d’argent du tout. Tu te souviens, nous nous aimions tant dans notre petit appartement ? C’était plus fort de jour en jour ! Nous nous attardions sur notre balcon, à rêver au clair de lune. Toi tu étais si belle avec tes longs cheveux noirs ! Tu rêvais d’un peigne en nacre pour serrer tes cheveux contre ta nuque. Et moi, je rêvais d’une chaîne en or pour accrocher la montre que mon père m’avait donné. C’était des rêves. Nous n’avions pas les moyens. Les années ont passé. Ce peigne, j’y pensais souvent. Je cherchais comment pouvoir me le procurer. J’en ai oublié la chaîne de montre. Toi, tu ne disais rien. Tu ne parlais plus de peigne en nacre ! Arrive le soir du 24 décembre. Trois années déjà et toujours aussi pauvres !
Ce soir-là tu es arrivée avec les cheveux coupés ! De si beaux cheveux ! « Qu’as-tu fait, mon Amélie ? »
Tu ouvris alors tes mains dans lesquelles brillait la chaîne en or : « Je les ai vendus pour acheter la chaîne qui accompagnera ta montre. »
Alors j’ai ouvert mes mains. Dans le creux de mes mains il y avait un peigne de nacre. «Amélie aimée, j’ai vendu ma montre pour t’acheter le peigne ! » te rappelles-tu Amélie ?

Le visage fatigué d’Amélie laissa couler deux larmes sur ses joues si merveilleusement ridées par les épreuves du temps et lui sourit. « Nous avons été si riches de notre amour. L’amour nous a fait tout oublier y compris nous-mêmes. »

 

Ainsi finit mon histoire dit alors Chariji.
« Questionnes-toi Vivek. Est-ce le besoin de ton cœur ou juste ton désir de t’unir ? De quoi es-tu amoureux vraiment ? Es-tu à la recherche d’une chimère, ou recherches-tu celle qui évoluera spirituellement avec toi ? Celle pour qui tu seras prêt à t’oublier toi-même ? »

 

Le désarroi de vivek

Vivek remercia Chariji et reparti songeur, ne sachant que penser de cette histoire, ne sachant que faire ! Honnêtement, il ne se sentait pas à la hauteur d’un tel amour. Il ne se sentait pas prêt. Il ne savait que faire ! Il était encore plus désorienté !  Il ne savait que répondre aux interrogations de Chariji. Que faire ?

 

Pouvez-vous l’aider ? Comment conseilleriez-vous Vivek ? Pourquoi ce conseil ?

Comment comprendre les questions de Chariji son Guru ?
Comment concevoir la relation d’amour avec l’élu de son cœur ? Que pensez de l’amour et de sa dimension d’oubli de soi ?
Faites nous partager vos réflexions. Nous vous répondrons.

Que fera Vivek l’intrépide ? Va-t-il poursuivre la recherche de Laura la Berbère ? Nous le saurons dans le prochain numéro…
Papiji de Montpellier



06/03/2016
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